Une Europe sans valeurs?

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An unpublished article in French, which I wrote two years ago now. It’s been sitting in everyone’s archives because it was deemed 1. too long and 2. too “extreme because of the content” (The French talk about laïcité like it is the contrary of religion and society). I am not the extreme conservative nor that International relations neoliberal (which is entirely US thinking when one thinks about it). We have to look at the real facts: without Christianity or any other religion for that matter, socialist ideas would have never seen the light of day and neither would have human rights. In this Easter season, think about it.

So, this article in French is the result of thought process after a roundtable in Strasbourg “Le projet européen est-il possible sans le christianisme?” in 2016.  Enjoy.

En novembre 2014, le pape François est venu rendre visite au Parlement européen. Il avait évoqué l’humanisme et la dignité humaine, le vieillissement de la planète et de la population, l’excès de bureaucratie et les différentes crises (économique ; politique ; diplomatique ; les conflits régionaux).

 La question de l’humanisme se pose par certains, ou de la dignité humaine par d’autres. Car, concilier ces idées avec un système voulu « laïc » constitue une à part. Mais, disent les intellectuels, l’identité européenne était, et est encore, historiquement, l’identité chrétienne ; un héritage pas uniquement patrimonial selon Jacques Le Goff, historien français1. La société européenne, les sociétés européennes ont évolué avec le christianisme, ou du moins, avec les idées et valeurs chrétiennes. Quelques exemples : les Droits de l’Homme et la transmission de « sagesse » autrement dit l’éducation.

Avec la crise des migrants et des réfugiés, la montée des extrêmes droites et les violences sociales, une peur islamophobe traverse l’Europe, et par conséquent, le monde occidental. D’autre part, il y a un autre problème social, celui du focus sur l’individu et l’individualisme, chose qui fait peur à de nombreux pasteurs, prêtres et rabbins car les temples se vident de jeunes.

Le système de l’union semble fracassé et les voix politiques décrient haut et fort la dégradation de Schengen. La France maintient son Etat d’urgence, inclus dans la Constitution pendant qu’en Suède, on donne des cours aux migrants sur le traitement des femmes ; en Allemagne, on a commencé des cours de défense vue les évènements récents de la St Sylvestre. Est-ce un problème social en Europe existant déjà avant ? Les droites parlent d’une panne du projet européen : est-ce donc un excès de laïcité ou autre chose ?

Pendant longtemps jusqu’à la deuxième guerre mondiale, les valeurs européennes allaient de pair avec le christianisme : une évolution de la société qui s’est faite par le christianisme, qui lui aussi a évolué à travers les mêmes époques. Avec un euroscepticisme et une guerre contre la radicalisation et l’extrémisme « islamique », est-ce temps que l’Europe se réconcilie avec ses racines, son héritage ? Certains pensent que oui, et qu’il faut tout d’abord unifier l’Europe au sein de l’Union et au-delà, ce qui constitue retendre la main diplomatique vers la Russie. « On est là pour s’aider entre chrétiens, » disait récemment un invité russe lors d’une table ronde à Strasbourg2. Cela est un point de vue russe qui peut très bien expliquer la présence russe en Syrie, mais avec la situation au Moyen Orient à partir de fin 2010, des milliers de chrétiens ont disparu d’une région forte en histoire judéo-chrétienne sans action venant de l’Europe. Le parlement n’a rien décidé jusqu’à maintenant sur ce sujet-là, même si de nombreux débats ont eu lieu concernant l’Etat islamique, les réfugiés et migrants, et la situation gravissime au Liban, en Jordanie et en Turquie, entre autres affaires internes et externes.

Ceci est donc un manque de capacité de penser pour mettre en action, non pas un plan mais, tout rapport passant le vote au sein de toute institution européenne. Est-ce un jeu de géopolitique quand on veut garder la paix avec la Turquie ? L’Europe a l’air d’avoir peur des pays du Moyen-Orient que ce soit l’Arabie saoudite, qui veut payer des sommes énormes pour construire des mosquées en Allemagne, les Emirats qui contrôlent financièrement de nombreuses entreprises européennes notamment françaises de luxe, ou la Turquie, qui aide la guerre contre l’Etat islamique mais est soupçonnée d’être derrière les attaques contre les groupes minoritaires en Turquie et de rien faire concernant les passeurs.

Les situations graves en Europe sont inquiétantes : le chômage des jeunes, la radicalisation de certains jeunes, le chômage, la montée de l’extrême droite dont une partie est pour un Brexit, l’état de l’économie et des finances, les critiques sur la lenteur bureaucratique du système, la question des frontières et celle du socialisme et la question diplomatique entre l’Ouest et l’Est (notamment la Russie). L’Europe n’est pas unie politiquement et très loin de l’être spirituellement.

L’Europe a un besoin de s’unir pour combattre ses démons et d’un autre côté, ce même besoin est nécessaire au sein du christianisme en Europe. Ce n’est pas un appel pour en finir avec la sécularisation et la laïcité, mais un rappel du « vivre ensemble, travailler ensemble ». Le projet européen est encore en progression : politique, institutionnel, social, culturel. Si le christianisme disparaît, l’Europe est handicapée voire en disparition3. Que serait l’héritage et le patrimoine laissé pour les générations suivantes ? Que serait l’influence sur notre société en pensée intellectuelle, même si certains intellectuels ne sont pas chrétiens ou croyants ? Pour avancer quand bloqué, on ne peut pas négliger le passé ni les valeurs qui nous ont formé. Au sein d’un débat de survie gigantesque, l’Europe ne doit pas s’oublier pour avancer. Sans le christianisme, on perd ce qui définit nos sociétés depuis des siècles et leurs éléments passés et actuels à moitié car le sens même des libertés et droits provient du christianisme main dans la main avec la laïcité, capable d’assembler l’Europe en tant que communauté, différente mais ensemble et unie.

  1. voir L’Europe est-elle née au Moyen Age
  2. Conférence « Le projet européen est-il possible sans le christianisme ?» composée de deux tables-rondes, le 4 février 2016.
  3. Idem

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