Ce journalisme français…

Commençons avec les concours: une définition qui englobe la plupart du fonctionnement de la société française. D’abord un principe, c’est devenu un élément essentiel, sinon obligatoire, de la culture professionnelle, jusqu’à cela devienne presque une nuisance et un obstacle énorme. Pour faire le tour, les administrations, les écoles d’ingénieurs et celles de Sciences Po et l’éducation, toutes utilisent cette méthode pour le recrutement. Le journalisme n’est pas exclu: les écoles attendent que nous soyons des monstres d’actualité et de culture générale. Puis accepté, nous devons tout connaître, tout suivre et tout traiter. Mais pas uniquement: tout doit être claire et concis, à savoir que les définitions de “claire” et “concis” ne sont pas très élaboré. Savoir écrire un article type “news flash” ou diriger un interview constituent tous les deux des exercises ultra-important pour faire carrière. Est-ce assez? Qu’est-ce qu’il en est des comportements?

Laissez-moi vous racontez un scénario: Vous êtes dans un bâtiment x, plus exactement l’entrée. Il y a une annonce d’un évènement, qui est une très bonne initiative. Le marketing? Le businessman pas tout à fait business, plutôt Trumpesque sans l’être: voix trop forte pour l’espace, prêt aux débats plus qu’aux explications et aux discussions et même en étant sympathique, plutôt agressif.

Comprenons que suivre la ligne de conduite de l’entreprise qui vous embauche est important mais est-ce nécessaire d’aller critiquer la concurrence puis d’inciter le public à suivre le secteur en général? Est-ce nécessaire de laisser la parole aux autres puis de dénigrer leur opinion ? Le problème en France, ce sont les caractères. Déjà la réputation nationale au sein de la communauté internationale a baissée mais le journalisme par exemple ne nous améliore pas. Je ne parle pas uniquement de France 2, qui a l’air, d’après mes conversations avec des gens, d’être le sujet de nombreuses plaintes (ne me mangez pas s’il vous plaît). Je parle de sociabilité avec les autres. Le businessman Trumpesque va certainement réussir à vendre son affaire mais les rapports entre lui et les clients potentiels auraient pu être meilleur s’il s’y était prit d’une autre façon, plus calme, plus posée. Le journaliste peut donc se faire aimer au lieu de continuellement jeter ses questions dans le vide et de rejeter l’idée que la réponse à multiples facettes existe. Or, ce qu’il fait sur la plateforme télé ou devant une conférence-interview avec un politicien ou un autre quasi-professionnel peut très bien être qualifié de guerre.

L’agressivité, on apprend, n’est pas  une bonne recette pour la cohérence dans cette société. Le problème qu’on observe, est celui de la société qui glorifie en quelque sorte tout acte violent. Ce journalisme français adore-t-il donc la violence? Peut être pas. Par contre, en acculant la personne interviewée à un mur à chaque  question, à chaque  réponse, il y a une grande chance d’avoir de la discorde ou, encore mieux, un malentendu (qui mène souvent à l’opposition mais cela est une autre histoire). Cela dit est-ce vraiment nécessaire de se montrer le “big man” quand on est journaliste? Pourquoi pas tout simplement faire son boulot, faire bouger l’interview et être à l’écoute?

L’écoute est un mot que j’entendais souvent dans mes recherches “qu’est-ce le journalisme?”. Surprenant, mais j’entends cela plus du côté anglophone que francophone. Pas assez de recherches? La télé démontre autrement. Car l’écoute, c’est aussi l’acte de donner son attention aux propos de l’autre. C’est aussi l’acte de conversation et puis l’acte de neutralité, autre concept que le journaliste a du mal à comprendre.. Rédiger un article, c’est présenter les faits, faire un tour de la situation, mentionner toute opinion présente. Suivre comme le businessman Trumpesque, la ligne de conduite de l’entreprise, ou dans le journalisme, de l’hebdomadaire, est certes essentiel à sa carrière. Mais la rédaction même constitue une règle d’or: celle de la discrétion, celle du jeu de mots, celle de la délivrance des faits avec un oeil critique. Prendre une position est une action humaine mais en journalisme, comme en histoire, peut représenter un obstacle pour aller jusqu’au bout de l’analyse. Pour leur part, les français sont trop préoccupés par le resortissement d’infos à la seconde. Jusqu’où cela peut-il aller si presque tout journaliste est formé à tout connaître  et à produire plus de quantité que de qualité?

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